Rémi a demandé : comment savoir si je m’aime
Hé ben j'ai bien galéré à trouver un truc à répondre hein. CIMER Rémi.
Bon, bref.
A mon avis, on est tous livrés avec une dose
d’auto-amour
minimum. Ça va avec la machine, c’est un peu comme une boîte de vitesses
quoi. Après, ça peut bien entendu être très abîmé ou perverti,
notamment par l'environnement social dans lequel on évolue pendant la
petite enfance. Mais ça reste là, c'est d'ailleurs ça qui fabrique les
blessures narcissiques ! s'il n'y avait pas d'amour, il n'y aurait pas
de blessure peut-être. Mais je ne suis pas psy non plus hein. Mon avis, c'est que
l'important n'est pas vraiment de savoir si vous vous aimez, mais plutôt
de savoir si cet amour est destructeur ou non, et pourquoi. Un peu comme avec
n’importe
quel autre individu, en fait.
Autre chose : d'après la façon dont vous formulez la question, on pourrait déduire qu'une partie
de vous est un amoureux transi à la recherche de l’approbation d’une autre
partie de vous. Par exemple, votre prof de maths vous laisse totalement
indifférent, est ce que vous allez vous demander si elle vous aime, elle ?
enfin, à part si elle commence à faire des choses bizarres du genre cacher des
craies rouges dans votre trousse. Mais je veux dire, est ce que vous vous
poseriez la question si elle avait un comportement totalement normal ?
Autre possibilité : vous êtes dans une situation que j’appellerais « syndrome
du co-détenu » (sans savoir si cette trouvaille douteuse vient de moi ou d’un
quelconque magasine lu pendant mes heures foireuses de travail foireux). Vous
(qui c’est, vous, hein ? c’est agressif comme question, non ? quelle
partie de vous cherche l’amour de quelle partie ?) êtes amené à vous
interroger sur les sentiments d’une personne qui vous est totalement étrangère
(vous) juste parce que vous êtes coincés ensemble dans la même cellule. La
solution que j’ai trouvé à ce problème, c’est d’admettre comme convention
arbitraire le fait d’être deux personnes à l’intérieur d’un même corps. Je sais
laquelle des deux a du mal à supporter l’autre et laquelle des deux cherche l’amour
de l’autre. Du coup, à force de négocier, on arrive à des compromis. L’inconvénient,
c’est que ça peut amener à beaucoup parler tout seul.
Qu’est ce que je voulais dire d’autre
AH OUI
Finalement je le dis pas parce que c'était trop chiant.
je
voudrais aussi rajouter ça : à mon avis le meilleur indice pour savoir
de quelle manière on s'aime (et non pas SI on s'aime), c'est d'analyser
sa relation à l'autre. J'essayais de trouver des exemples pour développer, mais je n'en
trouve aucun qui ne soit pas personnel parce que je suis très égocentrique, donc non. Tout ce que je peux
dire, c'est que généralement la relation à l'autre est vraiment un
miroir de sa relation à soi-même. Je ne sais pas exactement de quelle
manière ça fonctionne, mais en ce qui me concerne ça s'est toujours plus
ou moins vérifié. C'est pas du tout compliqué à faire, c'est juste une
question de rhétorique : il faut juste remplacer "lui, elle" par "moi"
dans la proposition "mon sentiment + lui" ou "mon sentiment + elle". Bien entendu, ça ne fonctionne pas si la personne en question a tué votre famille ou fait du bruit en mangeant par exemple, auquel cas votre haine pour lui/elle ne vient en aucun cas d'un problème d'égo !! je parlais plutôt de la façon générale qu'on a d'appréhender les autres, indépendamment de ce qu'ils peuvent nous faire de positif ou de négatif. Cela dit, le fait d'être hyper enthousiasmé ou hyper énervé par une action modérément enthousiasmante ou énervante peut aussi révéler quelque chose de la relation qu'on a avec soi-même.
D'ailleurs,
niveau concepts philosophiques, en voici un de
chais plus qui, « la pensée de l’individu ne peut pas s’appréhender
elle-même,
elle se connaît toujours lorsqu’elle appréhende un territoire étranger
». Ou un truc du genre, mais j'ai mis des guillemets pour le style. On
peut aussi appliquer ça à l'amour de soi peut-être ? Tout comme la
manipulation complexe qui transforme un sujet de dissert en
problématique (genre,
POURQUOI on peut pas mettre le sujet en problématique putain alors que
c’est déjà une question ???), je crois que pour savoir si on s’aime soi
même il faut d’abord tirer de cette question des sous-questions qui
soient effectivement solubles, pour permettre au
réel de s’y insinuer un peu, pour que ça ne soit pas juste un éternel et
destructeur
plongeon dans les abysses de sa propre âme, qui est totalement virtuelle, elle, puisqu'appréhendable par aucun des 5 sens. Les indices passent nécessairement
par le
monde réel (un peu comme l’électricité passe dans des câbles, hin, hin).
Et
comme le problème de l'amour de soi n’a rien de réel, il faut lui trouver des centaines
de
petits corolaires/coronaires qui irriguent le réel et qui permettent de
se
frayer un chemin vers la réponse. Mais si j’avais 90 ans, je vous dirais
certainement un truc du genre « c’est une question qu’on ne peut pas
résoudre même en toute une vie ». En fait, vu tout ce que je m’envoie
dans la tronche, j’ai un
peu 90 ans dans ma tête maintenant, et vous voyez, je vous le dis. Mais
les
conseils de grand-mère parfois ça a du bon.
je me demande quelles sont les choses que vous envoyez dans la tronche
RépondreSupprimer(mais sinon bien joué pour cette réponse et c'est drôle)