mardi 24 juin 2014

Xavier a une question

J'ai reçu hier un mail d'un certain Xavierqui me dit ceci:












Alors euh je vais tenter de répondre parce que je suis bien obligée maintenant que j'ai dit que je le ferais hein.

Tout d'abord Xavier, je tiens à dire que votre collègue semble être exactement le genre de femme avec qui j'aurais envie de prendre le thé dans un jardin au beau milieu d'une publicité pour la pâte à tarte.

Mais il ne s'agit pas de moi.

Donc, vous n'avez pas su saisir l'occasion qui vous était donnée de séduire la jeune fille et votre collègue est fâchée et misère.

BON. OK C'EST PARTI. [ici, elle souffle bruyamment et frappe dans un mur pour évacuer le stress. Autre part dans le monde, un chien démesurément grand aboie très doucement, mais ça n'a pas grand chose à voir.]

Tout d'abord, chère CollèguedeXavier, malgré tout le respect que je vous dois [et je vous en dois car vous avez l'air chouette je trouve], il me faut pointer quelques incohérences dans votre discours :

  • D'abord, à mon sens, être lunaire est une assez mauvaise stratégie lorsqu'on souhaite se faire aimer, puisque la Lune est en réalité seule dans la nuit noire, ce qui n'est pas exactement le but de notre ami d'après ce que j'ai cru comprendre.
  • Ensuite, vous demandez à Xavier de "faire un effort" pour être quelque chose d'autre que ce qu'il est parce qu'il y a "quelque chose de faux chez lui". Ça m'évoque un peu deux très mignonnes peluches-automates se cognant l'une contre l'autre à l'infini,  et je dois dire que ce spectacle me rend abominablement triste.
  • Donc j'ai envie de vous dire pouetpouetcamembert, mais je ne le ferai pas, car nous sommes entre personnes civilisées qui avons passé l'âge de stigmatiser les laitages au moindre différend.

En outre, "vous auriez du être" est une combinaison de mots qui me semble aussi nocive et imbécile que la combinaison des Mentos et du Coca. Et je ne dis pas ça uniquement pour faire deux placements de produit dans la même phrase et récolter des gros sous, bien que, comme tout un chacun, j'aime l'argent, puisqu'il me permet d'acheter des Mentos et du Coca, deux aliments extrêmement appréciables puisqu'ils s'achètent avec de l'argent. Voilà qui est dit.

"vous auriez du être", donc. Aaah mais NON enfin quelle idée! dire "je dois être", c'est un peu comme dire "je voudrais me baigner dans la mer" tout en regardant des photos de la mer sur Google déguisé en poisson [ce qui est par ailleurs une activité tout à fait respectable mais, convenons-en, relativement éloignée du but poursuivi].

Donc Bravo, Xavier, vous avez bien répondu. Et bien évidemment vous n'avez pas d'"effort" à faire. Vous êtes radieux tel que vous êtes, comme tout le monde, alors arrêtez de croire que vous êtes si EXCEPTIONNEL que vous manquez PRODIGIEUSEMENT de QUELQUE CHOSE c'est d'une PRÉTENTION à la fin JE VAIS M'ÉNERVER ET DEVENIR GROSSIÈRE OR J'AI HORREUR DE LA GROSSIÈRETÉ CAR CELA RAVIVE MA NÉVROSE TRAUMATIQUE

Ô dieux je sens une rage sourde envahir mes veines
je la sens, et j'ai peur
je vais compter jusqu'à 10 en respirant très fort

[-^-^-^-^-^-^-^-^-^-]

je vais mieux. Continuons.

Pour ce qui est de Pierrot le Fou, c'est un film très chouette oui- mais, CollèguedeXavier, soyons honnêtes : un homme qui semble vouloir croquer dans ses cigarettes comme on mordrait un Mars [big up l'industrie agro-alimentaire, par ici les dollars] ne peut pas être entièrement digne de confiance (voir figure n°1).

Figure n°1
En outre, ma maman, qui est ma conseillère love numéro 1, m'a souvent répété que tout ce qui arrive [et donc tout acte (ou absence d'acte), volontaire ou non] a son utilité, même si on ne voit pas toujours immédiatement laquelle [un conseil qui m'arrange bien, puisqu'il me permet de continuer à passer mes journées chez moi à regarder des documentaires sur les insectes en mangeant des céréales]. La raison pour laquelle cet argument me paraît valable est qu'à mon sens, lorsque le fait d'agir relève d'une absolue nécessité, on agit forcément. Sinon, c'est que la nécessité n'est pas absolue, et donc que ce n'est pas si grave. Voilà.

En fait je pense que si vous n'avez pas agi, c'est qu'il y avait quelque chose, même une infime chose, qui vous dérangeait, et il me semble que si vous aviez agi, cette petite chose n'aurait fait que grossir avec le temps, pour finir par devenir aussi insupportablement angoissante qu'une éolienne dans un bac à fleurs.

Prenez patience, Xavier (voir figure n°2).
Figure n°2

Pour finir, voyons ce qu'en pense Jocelyne-Marie Pauchard.

J'espère avoir répondu à vos questions Xavier.

Bonne soirée et bonjour à votre collègue !

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