mardi 27 octobre 2015

Margaux a une question

Margaux a demandé: "Est ce que c'est vrai qu'aimer est plus fort que d'être aimé ?"

Margaux, je suis vraiment désolée, j'ai accidentellement fait tomber votre réponse par terre. Elle était dans un vase et elle est en morceaux maintenant, regardez :

VASE :
  • que des mamans ont même carrément SOULEVÉ des CAMIONS pour sauver leurs bébés qui étaient en dessous alors que les bébés eux ils auraient carrément pas pu faire l'inverse c'est sûr !
  • Daniel, donc s'il te plaît ne viens pas me hanter en mettant une araignée dans ma douche pour te venger, je t'en supplie.
  • Ce qui est dérangeant, plus encore que l'idée qu'on devrait choisir entre aimé et être aimé, c'est peut être cette injonction à donner et à recevoir de l'amour
  • pour être considéré comme un être humain digne de confiance, il faudrait pouvoir ressentir de façon continue un sentiment qui nous fragilise et nous rend incapables de nous contrôler
  • avec sa tronche de victime

FLEURS :
(attention, il y a une fausse fleur)
  • On peut voir aussi des milliards de productions audiovisuelles plus ou moins bien ficelées
  • (« papa-maman je t'aime tellement que je t'ai dessiné une fleur avec mon sang »)
  • ce qui conduit à confondre l'autre avec soi même, ce qui rappelle plus ou moins une certaine forme de totalitarisme
  • On peut dire oui qu'idéalement l'amour guérit TOUT, qu'aimer peut donner une force PHÉNOMÉNALE
  • « celle là avec son caractère, elle arrivera jamais à se garder un homme ».
  • réveiller des douleurs et conflits internes
  • Idée tag : Aimer est plus fort que d'être aimé = Action Man est plus fort que Ken.
  • ridiculiser les gens en les appelant « mon biquet » même s'ils ont quarante ans (par exemple)
  • Cependant, ce serait négliger ceux qui n'arrivent pas à « être aimés ».
  • le faire entrer au plus profond des gens, pour le placer là où ils ont ce qui fait le plus mal
  • « celle là elle s'est jamais mariée elle a jamais fait d'enfants, tu m'étonnes qu'elle soit frustrée ».
  • Là où on pourrait dire qu'aimer relève d'un instinct naturel au même titre que manger et boire
  • (« L'amour pur est une drogue dure », griffonné au Tippex sur tous les Eastpak de France)
  • Ingrat-e de merde, t'as pas de cœur et je te prédis le Malheur Éternel du coup »
  • ou encore le magistral
  • elle est restée aussi longtemps
  • afin de conserver au sein de l'individu tout blindé de principes d'auto-discipline une cellule
  • identifiable de vulnérabilité
  • mon cœur, ça fait 10 minutes
  • Ainsi, on pardonnera à une personne qui hurle sur tout le monde
  • Elle est fidèle, elle ! » ← ENTENDU POUR DE VRAI
  • tu m'aimes plus ?? Après tout
  • À petite comme à grande échelle.
  • scènes de violence et de dispute, toutes pardonnables puisque touchées par l'aura divin
  • On pardonnera moins
  • avec ce mec qui lui tapait dessus
  • d'où il résulte que toute personne incapable de se plier à cet idéal est considérée comme socialement inapte


VOICI AUSSI UN PEU DE L'EAU DU VASE QUE J'AI ESSAYÉ D'ÉPONGER (PAR CONVENTION, LES PETITES ** REPRESENTENT LES GOUTTELETTES EPARPILLÉES) :

dans lesquelles les héros-héroïnes se débattent avec un amour « trop grand pour eux », ce qui donne lieu à du tout puissant « amour ».** et qui passe son temps à , si parallèlement, il/elle sait se donner une image de personne « entière, généreuse » à quelqu'un qui reste dans son coin sans parler, qui préfère s'abstenir d'amour destructeur, « quel connard de snob ».

En plus, on donne à l'amour ce séduisant côté indomptable, brûlant, passion***né, surpuissant, pour, et peut-être d'émotivité et de douleur. Et on active cette cellule dociles.

, et que co**mme tout besoin naturel il demande juste de confiance, il a le regard fuyant, il sourit jamais, il est pas net je te dis », « tu réussiras jamais dans la vie si tu continues à coucher à droi la-le laisser me parler comme ça, mais tu ***comprends, « aimé ». Du coup, c'est un peu dur de savoir qui est coupable au final). En gros, pour aimer correctement, et donc . C'est un peu ***comme appeler « tomate » tout fruit r******ond et rouge qui donne des aphtes

D'après le score, aimer et être aimé arrivent donc à égalité. Mais aussi : « tu m'étonnes qu'il soit devenu *** lui, il aurait jamais pu se choper une petite meuf bien sympa comme la mienne » ou « lui il a tout la promulgation d'une loi impos*ant le port de boules Quiès lors des repas de famille.


En relisant tout ça, je me dis que c'est plequel on jette sans se poser de questions toutes ses angoisses et ses peurs pour pouvoir conti****nuer à avancer. Et on en arrive*** encore à ça, tout ce qui pose problème dans le fait d'être és de communication avec autrui, on peut le foutre dans l'amour pour s'en débarrasser, c'est plus pratique.

lundi 26 octobre 2015

Rémi a une question

Rémi a demandé : comment savoir si je m’aime

Hé ben j'ai bien galéré à trouver un truc à répondre hein. CIMER Rémi.

Bon, bref.

 A mon avis, on est tous livrés avec une dose d’auto-amour minimum. Ça va avec la machine, c’est un peu comme une boîte de vitesses quoi. Après, ça peut bien entendu être très abîmé ou perverti, notamment par l'environnement social dans lequel on évolue pendant la petite enfance. Mais ça reste là, c'est d'ailleurs ça qui fabrique les blessures narcissiques ! s'il n'y avait pas d'amour, il n'y aurait pas de blessure peut-être. Mais je ne suis pas psy non plus hein. Mon avis, c'est que l'important n'est pas vraiment de savoir si vous vous aimez, mais plutôt de savoir si cet amour est destructeur ou non, et pourquoi. Un peu comme avec n’importe quel autre individu, en fait.

Autre chose : d'après la façon dont vous formulez la question, on pourrait déduire qu'une partie de vous est un amoureux transi à la recherche de l’approbation d’une autre partie de vous. Par exemple, votre prof de maths vous laisse totalement indifférent, est ce que vous allez vous demander si elle vous aime, elle ? enfin, à part si elle commence à faire des choses bizarres du genre cacher des craies rouges dans votre trousse. Mais je veux dire, est ce que vous vous poseriez la question si elle avait un comportement totalement normal ?

Autre possibilité : vous êtes dans une situation que j’appellerais « syndrome du co-détenu » (sans savoir si cette trouvaille douteuse vient de moi ou d’un quelconque magasine lu pendant mes heures foireuses de travail foireux). Vous (qui c’est, vous, hein ? c’est agressif comme question, non ? quelle partie de vous cherche l’amour de quelle partie ?) êtes amené à vous interroger sur les sentiments d’une personne qui vous est totalement étrangère (vous) juste parce que vous êtes coincés ensemble dans la même cellule. La solution que j’ai trouvé à ce problème, c’est d’admettre comme convention arbitraire le fait d’être deux personnes à l’intérieur d’un même corps. Je sais laquelle des deux a du mal à supporter l’autre et laquelle des deux cherche l’amour de l’autre. Du coup, à force de négocier, on arrive à des compromis. L’inconvénient, c’est que ça peut amener à beaucoup parler tout seul.

Qu’est ce que je voulais dire d’autre

AH OUI

Finalement je le dis pas parce que c'était trop chiant.

je voudrais aussi rajouter ça : à mon avis le meilleur indice pour savoir de quelle manière on s'aime (et non pas SI on s'aime), c'est d'analyser sa relation à l'autre. J'essayais de trouver des exemples pour développer, mais je n'en trouve aucun qui ne soit pas personnel parce que je suis très égocentrique, donc non. Tout ce que je peux dire, c'est que généralement la relation à l'autre est vraiment un miroir de sa relation à soi-même. Je ne sais pas exactement de quelle manière ça fonctionne, mais en ce qui me concerne ça s'est toujours plus ou moins vérifié. C'est pas du tout compliqué à faire, c'est juste une question de rhétorique : il faut juste remplacer "lui, elle" par "moi" dans la proposition "mon sentiment + lui" ou "mon sentiment + elle". Bien entendu, ça ne fonctionne pas si la personne en question a tué votre famille ou fait du bruit en mangeant par exemple, auquel cas votre haine pour lui/elle ne vient en aucun cas d'un problème d'égo !! je parlais plutôt de la façon générale qu'on a d'appréhender les autres, indépendamment de ce qu'ils peuvent nous faire de positif ou de négatif. Cela dit, le fait d'être hyper enthousiasmé ou hyper énervé par une action modérément enthousiasmante ou énervante peut aussi révéler quelque chose de la relation qu'on a avec soi-même.

D'ailleurs, niveau concepts philosophiques, en voici un de chais plus qui, « la pensée de l’individu ne peut pas s’appréhender elle-même, elle se connaît toujours lorsqu’elle appréhende un territoire étranger ». Ou un truc du genre, mais j'ai mis des guillemets pour le style. On peut aussi appliquer ça à l'amour de soi peut-être ? Tout comme la manipulation complexe qui transforme un sujet de dissert en problématique (genre, POURQUOI on peut pas mettre le sujet en problématique putain alors que c’est déjà une question ???), je crois que pour savoir si on s’aime soi même il faut d’abord tirer de cette question des sous-questions qui soient effectivement solubles, pour permettre au réel de s’y insinuer un peu, pour que ça ne soit pas juste un éternel et destructeur plongeon dans les abysses de sa propre âme, qui est totalement virtuelle, elle, puisqu'appréhendable par aucun des 5 sens. Les indices passent nécessairement par le monde réel (un peu comme l’électricité passe dans des câbles, hin, hin). Et comme le problème de l'amour de soi n’a rien de réel, il faut lui trouver des centaines de petits corolaires/coronaires qui irriguent le réel et qui permettent de se frayer un chemin vers la réponse. Mais si j’avais 90 ans, je vous dirais certainement un truc du genre « c’est une question qu’on ne peut pas résoudre même en toute une vie ». En fait, vu tout ce que je m’envoie dans la tronche, j’ai un peu 90 ans dans ma tête maintenant, et vous voyez, je vous le dis. Mais les conseils de grand-mère parfois ça a du bon.

mardi 24 juin 2014

Xavier a une question

J'ai reçu hier un mail d'un certain Xavierqui me dit ceci:












Alors euh je vais tenter de répondre parce que je suis bien obligée maintenant que j'ai dit que je le ferais hein.

Tout d'abord Xavier, je tiens à dire que votre collègue semble être exactement le genre de femme avec qui j'aurais envie de prendre le thé dans un jardin au beau milieu d'une publicité pour la pâte à tarte.

Mais il ne s'agit pas de moi.

Donc, vous n'avez pas su saisir l'occasion qui vous était donnée de séduire la jeune fille et votre collègue est fâchée et misère.

BON. OK C'EST PARTI. [ici, elle souffle bruyamment et frappe dans un mur pour évacuer le stress. Autre part dans le monde, un chien démesurément grand aboie très doucement, mais ça n'a pas grand chose à voir.]

Tout d'abord, chère CollèguedeXavier, malgré tout le respect que je vous dois [et je vous en dois car vous avez l'air chouette je trouve], il me faut pointer quelques incohérences dans votre discours :

  • D'abord, à mon sens, être lunaire est une assez mauvaise stratégie lorsqu'on souhaite se faire aimer, puisque la Lune est en réalité seule dans la nuit noire, ce qui n'est pas exactement le but de notre ami d'après ce que j'ai cru comprendre.
  • Ensuite, vous demandez à Xavier de "faire un effort" pour être quelque chose d'autre que ce qu'il est parce qu'il y a "quelque chose de faux chez lui". Ça m'évoque un peu deux très mignonnes peluches-automates se cognant l'une contre l'autre à l'infini,  et je dois dire que ce spectacle me rend abominablement triste.
  • Donc j'ai envie de vous dire pouetpouetcamembert, mais je ne le ferai pas, car nous sommes entre personnes civilisées qui avons passé l'âge de stigmatiser les laitages au moindre différend.

En outre, "vous auriez du être" est une combinaison de mots qui me semble aussi nocive et imbécile que la combinaison des Mentos et du Coca. Et je ne dis pas ça uniquement pour faire deux placements de produit dans la même phrase et récolter des gros sous, bien que, comme tout un chacun, j'aime l'argent, puisqu'il me permet d'acheter des Mentos et du Coca, deux aliments extrêmement appréciables puisqu'ils s'achètent avec de l'argent. Voilà qui est dit.

"vous auriez du être", donc. Aaah mais NON enfin quelle idée! dire "je dois être", c'est un peu comme dire "je voudrais me baigner dans la mer" tout en regardant des photos de la mer sur Google déguisé en poisson [ce qui est par ailleurs une activité tout à fait respectable mais, convenons-en, relativement éloignée du but poursuivi].

Donc Bravo, Xavier, vous avez bien répondu. Et bien évidemment vous n'avez pas d'"effort" à faire. Vous êtes radieux tel que vous êtes, comme tout le monde, alors arrêtez de croire que vous êtes si EXCEPTIONNEL que vous manquez PRODIGIEUSEMENT de QUELQUE CHOSE c'est d'une PRÉTENTION à la fin JE VAIS M'ÉNERVER ET DEVENIR GROSSIÈRE OR J'AI HORREUR DE LA GROSSIÈRETÉ CAR CELA RAVIVE MA NÉVROSE TRAUMATIQUE

Ô dieux je sens une rage sourde envahir mes veines
je la sens, et j'ai peur
je vais compter jusqu'à 10 en respirant très fort

[-^-^-^-^-^-^-^-^-^-]

je vais mieux. Continuons.

Pour ce qui est de Pierrot le Fou, c'est un film très chouette oui- mais, CollèguedeXavier, soyons honnêtes : un homme qui semble vouloir croquer dans ses cigarettes comme on mordrait un Mars [big up l'industrie agro-alimentaire, par ici les dollars] ne peut pas être entièrement digne de confiance (voir figure n°1).

Figure n°1
En outre, ma maman, qui est ma conseillère love numéro 1, m'a souvent répété que tout ce qui arrive [et donc tout acte (ou absence d'acte), volontaire ou non] a son utilité, même si on ne voit pas toujours immédiatement laquelle [un conseil qui m'arrange bien, puisqu'il me permet de continuer à passer mes journées chez moi à regarder des documentaires sur les insectes en mangeant des céréales]. La raison pour laquelle cet argument me paraît valable est qu'à mon sens, lorsque le fait d'agir relève d'une absolue nécessité, on agit forcément. Sinon, c'est que la nécessité n'est pas absolue, et donc que ce n'est pas si grave. Voilà.

En fait je pense que si vous n'avez pas agi, c'est qu'il y avait quelque chose, même une infime chose, qui vous dérangeait, et il me semble que si vous aviez agi, cette petite chose n'aurait fait que grossir avec le temps, pour finir par devenir aussi insupportablement angoissante qu'une éolienne dans un bac à fleurs.

Prenez patience, Xavier (voir figure n°2).
Figure n°2

Pour finir, voyons ce qu'en pense Jocelyne-Marie Pauchard.

J'espère avoir répondu à vos questions Xavier.

Bonne soirée et bonjour à votre collègue !